
Salmaan Moerat débarquait à La Rochelle comme l’un des piliers du pack promis. Rassie Erasmus l’a annoncé ce vendredi : le sud-africain souffre d’une « grave blessure au cou », liée à un problème d’usure des vertèbres C4 et/ou C5. À 28 ans et 2 mètres, il rejoignait le Stade Rochelais pour la saison 2026-2027. Son corps dit stop avant même le premier entraînement.
La nouvelle tombe alors que La Rochelle prépare son barrage contre le Stade Français, ce dimanche 14 juin à Paris (21h05). Le club des Maritimes vise le titre de France après deux échecs en finale, 2021 et 2023. L’urgence est ailleurs. Mais l’avenir s’assombrit.
#Deux recrues sud-africaines, deux tendons d’Achille et un cou en moins
Moerat n’est pas le seul. David Kriel, trois-quarts des Bulls de 27 ans, officialisé recrue le 7 avril 2026 par Rugbyrama, a subi une opération du tendon d’Achille le 13 mai. Johan Ackermann, son entraîneur à Pretoria, qualifie la blessure d' »assez grave ». Kriel comptait 20 matchs cette saison, 16 en tant que titulaire. Son arrivée à La Rochelle était prévue pour juillet 2026. Le calendrier médical impose désormais ses propres dates.
Will Skelton, lui, porte déjà la même sentence. Le deuxième ligne australien a été opéré. Le pack rochelais accumule les absences de poids avant même la reprise estivale.
#Le barrage d’abord, la reconstruction ensuite
La Rochelle doit d’abord survivre à Paris. Le barrage du 14 juin décide de la saison. Le club des Maritimes a construit son identité sur la puissance des avants, la conquête aérienne, le maul comme arme de siège. Perdre Skelton en cours de route, puis voir Moerat et Kriel effacés du tableau d’avant-saison, redessine les fondations.
Le recrutement sud-africain visait précisément ce renfort physique. Les Stormers et les Bulls représentent deux pôles de formation réputés pour leurs packs. La Rochelle a misé sur ce marché. Le corps des joueurs, usé par la saison sud-africaine et les exigences du rugby professionnel, a tranché autrement.
Les vertèbres C4-C5 : pourquoi ce diagnostic change tout
Le cou n’est pas une articulation comme une autre. Les vertèbres cervicales C4 et C5 protègent la moelle épinière, commandent les membres supérieurs. Une usure à ce niveau, chez un joueur de 2 mètres dont le métier consiste à plonger dans les mêlées et les rucks, pose une question de fin de carrière autant que de reprise. Rassie Erasmus n’a pas précisé de délai. La gravité du terme suffit.
La Rochelle attendra. Ou non. Le marché des transferts est fermé, les budgets figés. Le club devra composer avec l’effectif actuel, espérer la guérison de Skelton, recaler ses plans sans recours extérieur immédiat.
Le barrage contre le Stade Français, dimanche à 21h05, reste le seul horizon tangible. Derrière, une reconstruction sans les pierres prévues.
